On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

9 octobre : Journée Internationale de Mon Anniversaire. Pour me garantir à moi même la meilleure des journées, j’ai pris cette année quelques précautions. Et parce que je suis sympa, je vais vous livrer quelques uns de mes meilleurs secrets pour vous assurer le plus parfait des anniversaires.

Le cadeau

Première étape : je l’ai choisi moi-même, bien sûr . Mais je ne me suis pas contentée de dire ce que je voulais : je l’ai martelé. Raisonnablement toutefois : deux à trois fois par semaines depuis 7 mois. Le matin, le midi, le soir ; j’ai varié les tons, la langue et les mots. J’ai dit les choses discrètement, moins discrètement, en privé, en public : j’ai même trouvé le moyen de faire dire par d’autres ce qui me conviendrait vraiment. À force d’insistance (et de manipulation), j’ai aussi convaincu mes enfants que c’était leur idée, et eux se sont fait le relais de mes desiderata.

Deuxième étape : A quelques jours du jour J, j’ai organisé l’expédition shopping. J’ai guidé mes trois charmants soldats vers la boutique repérée, et leur ai indiqué le rayon dans la boutique, le bon emplacement sur le rayon dans la boutique, la boîte au bon emplacement sur le rayon dans la boutique, la couleur de la boîte au bon emplacement sur le rayon dans la boutique. Puis, en vrai chef de guerre, autoproclamée Etat Major stratège des opérations, je suis restée à l’extérieur, où tactiquement positionnée en embuscade, j’ai envoyé par message la photo de ma sélection à mon mari – oui, je peux, quand je le veux, être une championne de l’organisation.

Troisième étape : Il faut savoir battre en retraite quand le risque de faire le mauvais choix est trop important. Ma troupe prudente est ressortie bredouille. Repli, deux secondes de réflexion, action. J’ai couru dans la boutique numéro 2. Là, j’ai attrapé la vendeuse par le bras , l’ai entraînée brusquement vers mon choix de secours, l’ai poussée contre la vitre pour lui montrer de plus près ce que je voulais, lui ai décrit les trois soldats prêts à surgir d’un instant à l’autre et lui ai expliqué sa mission. « Celui-ci, pas l’autre ! Est-ce clair ? » Elle a claqué les deux talons, porté la main à sa tempe et répondu avec la détermination et l’abnégation du bon soldat : « Chef! Oui chef ! » Je suis sortie avec la rapidité d’une porte qui claque, me suis placée à l’angle de la rue et surveillé que la troupe entrait dans le bon magasin. Cinq minutes plus tard, ils sortaient avec le bon paquet. Mon petit m’a tendu le sac, fier comme un Artaban, tendre comme une guimauve, et j’ai feint la surprise – huit ans d’entraînement maintenant, oui, toute maman qui se respecte doit pouvoir prendre en charge au pied levé une leçon aux Cours Florent, c’est écrit à la sortie de la maternité.

La soirée

J’ai préparé le gâteau moi-même, bien sûr. J’ai choisi ma recette préférée, au chocolat. J’ai rangé ma balance Weight Watchers au fond du garage, et ajouté 250 g de British buttercream au chocolat. Comme j’étais seule en cuisine, j’ai léché le plat, la spatule, la casserole. Si vous pouviez sentir mes doigts vous écrire ce délicieux moment, une odeur de chocolat parviendrait à vos narines et vous perdriez toute contenance, bavant, soupirant du désir de lécher mes doigts. Mais comme ce n’est pas le cas, vous vous contentez de lire ce que je tape sur mon écran et d’imaginer le délice qui sera le mien, le mien pas le vôtre: après tout, c’est MON anniversaire.

Ce soir, mes enfants ne prendront pas leur bain, ne rangeront pas leur chambre, ne liront pas d’histoire. Ils mangeront rapidement le reste froid de mon repas de ce midi, puis chanteront pour moi quand je soufflerai mes bougies. Prétextant qu’on ne mange pas de sucre le soir, ils ne goûteront pas du gâteau et je leur mentirai en leur promettant qu’ils auront leur part demain matin. Je les enverrai se coucher bien vite, et affalée sur mon canapé devant la télé, je siroterai mon bien aimé whisky en me goinfrant de mon gâteau tandis que mon plus fidèle soldat me massera les pieds et célébrera mon culte en me murmurant tout le bien qu’il pense de moi.

Il sera 22h quand les effets de l’alcool récompenseront mes efforts pour ma fête de mon anniversaire. Je laisserai tout en plan, ne rangerai rien, ne préparerai pas les pack lunch de demain. J’irai me coucher acclamée par mon prince charmant qui me promettra de se dépêcher de tout nettoyer pour me rejoindre et là…

Mais ma fête pour mon anniversaire est finie, et ce sont là d’autres secrets… que je garderai bien pour moi !

6 réflexions au sujet de « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s